Les recherches effectuées sur les enfants de mes sosas Philippe et Jeanne ROY de La Chapelle Saint Laurent m’ont conduite vers bien des surprises : une découverte surprenante faite suite à la lecture de l’acte de mariage du fils de mon ancêtre Jeanne, dont je parlerai une autre fois, et cette rencontre avec toi Philippe.

Intérieur de cabaret

Tu as 35 ans et tu es dit cabaretier lorsque tu te maries en 1725 avec Marie Jeanne JOSEAU, laquelle décède en septembre 1761. Une longue vie à 2 consacrée presqu’exclusivement à votre commerce sans avoir pu donner naissance à des enfants. Ta vie est ainsi parsemée de deuils et tu as assisté à tant d’inhumations dont celles de tes très proches : tes frères et sœur Jeanne, Pierre, René et Jean, et maintenant ton épouse… Tu te retrouves brutalement seul à 71 ans.  Oh bien sûr ton activité professionnelle te permet de voir du monde mais le soir ton lit est bien froid et vide. Alors tu annonces que tu envisages de te marier à nouveau, mais pas avec n’importe qui ! Avec une petite jeune orpheline du village de Saint Porchaire âgée d’à peine 20ans : Marie Catherine RICHARD.

Je ne veux manquer ça sous aucun prétexte et d’un coup, comme dans un rêve, je suis là, à La Chapelle Saint Laurent et je te vois tout frétillant, tout pétillant à l’idée de ta future vie de couple. Mais qu’est-ce qui te pousse à mener un tel projet ? L’envie d’avoir un enfant avant de disparaitre à ton tour ? L’envie de sentir à nouveau de la chaleur dans ta couche ? Et pour Marie Catherine, qu’en est-il ? Est-ce son curateur qui lui impose cette union ? Est-ce l’appât d’un héritage qui ne saurait tarder ? Je ne sais pas.

Ce que je constate par contre, c’est que ce mariage ne laisse pas indifférents les jeunes hommes du village qui voient d’un mauvais œil la future union d’un vieux veuf desséché avec une si jeune demoiselle. Il suffit de les regarder, chuchotant par ci, gesticulant par là … C’était à prévoir, un charivari se prépare. Pas question de laisser ce couple « mal assorti » se former sans se moquer, sans faire « grand tapage » lors de la noce. Sans vraiment approuver cette pratique, cette risée, j’avoue que je suis vraiment trop curieuse et j’ai grande envie d’observer ces charibatàuds  corner à tout va ceux qu’ils nomment les maumariés en s’efforçant de faire le plus de bruit possible.

Est-ce que tu t’aperçois de tout ce remue ménage autour de toi, Philippe ? J’aimerai bien savoir et je m’empresse d’aller à l’auberge, discrètement, pour en quérir, mais tu n’es pas seul…

Mais … Mais…

Mais c’est Raymond qui est près de toi ! Raymond DEBORDE ! Un de mes contemporains. Un généalogiste avec qui je cousine, que j’apprécie beaucoup et dont les recherches le mènent lui aussi souvent dans les Deux-Sèvres.  Mais que fait-il là à chuchoter avec toi ? Et pourquoi est il attifé de cette façon ? Le voir ainsi vêtu « d’une mauvaise chemise, d’une culotte de toile, de bas gris en laine tricotée à côtes, d’une veste large, d’un chapeau moitié usé et de sabots » n’est pas habituel. Et si je n’étais pas aussi surprise je crois que j’en rirais … En me cachant je m’approche. Je veux savoir ce que vous vous dites, ce que vous complotez…

Mais je n’y comprends rien de rien ! Pourquoi Raymond se fait-il appeler Alexis ? Ce n’est pas possible mon « voyage dans le temps » m’a dérangé le cerveau ! C’est pourtant bien lui…  Et qu’est-ce qui lui prend de parler ainsi ? Leur conversation menée en poitevin est difficile à suivre mais j’en saisis malgré tout quelques mots :

« – O l’é acértain que les jhenes do canton, i vont se fout’ de toé !

– O m’fé pas pllési’ Alexis ! Coument faire pour échivae ça ?

– Vins avec moe vere le prâetre ! J’ai une idàie ! « 

Intriguée, je les suis. Et voilà Raymond qui explique au prêtre qu’un charivari se prépare et qu’il faudrait que la cérémonie se déroule dans une autre village, à Pugny, et que le prêtre de cette paroisse sera sûrement d’accord, etc…

Ah mais non, Raymond ! Quelle idée saugrenue ! Et mon charivari, alors ? Je voulais savoir , moi à quoi ça ressemblait ! Tu ne vas pas t’en tirer comme ça, tout président que tu es !

Je te vois sortir rapidement, passer derrière l’église et monter dans un engin qui ne m’est pas totalement inconnu : « la DeLorean de Doc et Marty McFly« … il y a bien que les hommes pour penser à utiliser un truc pareil !! Bref… Et d’un coup, pfft ! Plus de Raymond… Parti, ou plutôt envolé avant d’avoir pu lui parler et lui demander ce qu’il faisait là… Finalement nous aurons bien d’autres occasions de nous rencontrer à nouveau et je saurais sûrement le fin mot de cette histoire… mais au XXIème siècle !

Quant à Philippe, il s’unit à Marie Catherine RICHARD  le 15 février 1762 à Pugny sans aucune mauvaise surprise : pas de mauvais plaisants soufflant dans des cornes, tapant sur des chaudrons ou faisant résonner les tonneaux vides… Un petit garçon naitra moins d’un an plus tard le 20 janvier 1763. Philippe décèdera le 1er mai suivant.

Et Raymond ? J’ose espérer que son « bolide » l’a bien ramené auprès de Sylvie, mais deux choses sont certaines : nous cousinons une fois de plus et … il me doit un charivari !

Note : pour lire et connaître tous les détails de la rencontre de Raymond avec Philippe ROY, prenez le chemin du blog L’arbre de nos ancêtres et pour se faire pas besoin de DeLorean … 😉

 

Certificat de publications des bans (cliquer sur l’image)

 

Acte de mariage (cliquer sur l’image)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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