« Tu mourounes* Nat, et tu ramasses tés quatre mécrdis* ! Ce n’est pas très beau et vraiment les découvertes de nos vies et des liens qui nous unissent n’en valent vraiment pas la peine et il n’y a rien de bien exceptionnel dans tout ça…

Moi, je suis Judith GUILLET, celle que tu dis être ton sosa 1029 et je suis l’épouse de Daniel PINEAU (sosa 1028) et comme tu le sais, nous sommes tous des protestants. Sur notre contrat de mariage du 27 mai 1624, et qui fait preuve de notre union, tu trouves des détails qui t’en disent un peu plus sur notre quotidien et sur ce jour important dans notre vie. Tu y vois que mes parents André GUILLET et Bastienne CHAUVINEAU sont décédés déjà depuis plus de 5 ans, que je suis sous l’autorité de mes beaux frères, que ma dot s’élève à 240 livres, que mes habits nuptiaux ne sont pas fournis mais que je ne suis pas tenue d’en avoir et que Daniel et moi devons contribuer au repas de nos noces … Enfin bref ! Tu y vois surtout que le même jour a lieu l’union de ma sœur Marie jeanne GUILLET et de Jean TEXIER.

Oh mais tu les connais déjà ces deux là ! Ce sont des noms qui ne te sont pas inconnus… Je te vois réagir, chercher et voilà : Marie Jeanne et Jean font aussi partie de tes aïeux. Ce sont tes sosas 2074 et 2075.

Hi hi, c’est follement amusant de voir ta tête à ce moment là !! Les deux sœurs sont tes ancêtres directes, une à la 11è génération et l’autre à la 12è. Et donc nos parents sont ce que tu appelles des implexes, puisque tes sosas 2058 et 2059, ainsi que 4150 et 4151.

Jusque là ça va ? tu arrives à suivre ? Non pas que je mette en doute tes capacités, hein ! Oh allez, je te taquine un peu, voilà tout.

Mais té n’as pas veyu totes lès mouches çhi to piquerant !*

En effet, car après quelques recherches, tu découvres que notre mère Bastienne, a 4 frères et sœurs, dont Berthommé.

Berthommé CHAUVINEAU… hum hum encore un nom connu. Et pour cause, c’est celui que tu nommes ton sosa 4122. Et te voilà encore une fois avec des frère et sœur ancêtres directs, l’une à la 12è et 13è génération et l’autre, son frère, à la 13è.

Bon, pour faire simple et résumer : Clément CHAUVINEAU et Martine CERTAIN,  mes grands-parents sont pour toi tes sosas 4118 et 4119, 8244 et 8245, et enfin 9302 et 9303.

Ma boune Nat, ol ét in saprai mijhet ! Et j’te di quo lé pa finit… *

Le Jean qui se marie avec ma sœur, tu sais celui qui est aussi ton sosa, le numéro 4000 et quelque chose, dont je te parlais tout à l’heure … tu me suis là, tu vois de qui je parle ? Son père, André TEXIER après la mort de sa femme Marie JOLLET, la mère de Jean, s’est remarié en décembre 1599 avec Guillemette AULMOUSNIER. Et ….

Guillemette est aussi ton ancêtre directe à la 12è génération. Oui, oui je te le dis et j’en suis sûre puisque c’est la mère de mon mari 😉

Sur ce ma petite-draulàesse* j’arrête de me mocàé de toé*, je te laisse continuer tes recherches et… A la boune aeme !* 

Bijhe … *

Judith  »

 

*Glossaire :

  • Tu mourounes : tu bougonnes, marmonnes.
  • tu ramasses tés quatre mécrdis : (litt : ramasser tes quatre mercredis) froncer les sourcils.
  • Mais té n’as pas veyu totes lès mouches çhi to piquerant : (litt : tu n’as pas vu toutes les mouches qui te piqueront) ne pas être au bout de ses peines.
  • Ma boune Nat, ol ét in saprai mijhet ! Et j’te di quo lé pa finit : ma bonne Nat, c’est une situation embrouillée ! Et je te dis que ce n’est pas fini.
  • Ma petite-draulàesse: ma petite-fille.
  • mocàé de toé: moquer de toi.
  • A la boune aeme: (litt. bon esprit, bonne vivacité) bon courage ! Eventuellement formule de fin de courrier.
  • Bijhe: bise, baiser.

 

Arbres :


Bibliographie :

  • Familles protestantes au travers des actes XVIè – XVIIè – Marie Reine SIRE – APC 86300 Chauvigny
  • Dictionnaire français / poitevin – Vianney PIVETEA – Geste éditions / Parlanjhe

Image :

 

 

 

 

 

 

Publicités